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Le pari mutuel national, un monopole créé par un texte

Il existe deux manières d’être seul sur un marché, et elles ne se jugent pas avec les mêmes outils. La première se conquiert : des concurrents ont existé, puis ont disparu. La seconde s’écrit à l’avance dans un texte, qui interdit à la compétition d’avoir lieu. Le pari mutuel malien relève de la seconde, et cela commande toute la façon dont il faut le lire.

Une place qui ne vient pas du marché

La loi n° 03-025 du 21 juillet 2003 réserve le pari mutuel national à PMU-Mali. L’exclusivité précède donc l’activité au lieu de la couronner : aucune part de marché n’a été disputée, aucun concurrent n’a été écarté par la qualité d’une offre. Le texte a tracé un périmètre et y a installé un seul acteur.

Cette configuration n’a rien d’isolé dans la région. Le Sénégal fonctionne selon la même logique avec la LONASE, installée par la loi n° 87-43, et le Burkina Faso connaît une organisation comparable autour de la LONAB. Ailleurs, le schéma change complètement : la Côte d’Ivoire dispose d’une autorité de régulation, l’ARJH, ce qui suppose plusieurs opérateurs à surveiller plutôt qu’un seul à protéger.

Retenez surtout la distinction d’outils qu’implique ce partage. Un régulateur arbitre entre des acteurs et sanctionne ; un monopole légal, lui, n’arbitre rien, puisqu’il occupe seul le terrain que le texte lui a confié. Confondre les deux revient à attendre d’une enseigne publique qu’elle joue un rôle de contrôle que personne ne lui a donné.

Ce que le monopole ne nous autorise pas à conclure

Un domaine réservé dit ce qui lui appartient, il ne dit pas automatiquement ce qui se passe à l’extérieur de ses bords. Savoir si le casino en ligne exploité depuis l’étranger tombe ou non dans ce périmètre demanderait une lecture que nous n’avons pas faite, et un tribunal l’a peut-être déjà tranchée sans que nous en sachions rien.

Nous nous en tenons donc à ce qui est établi : il existe un domaine réservé, il porte sur le pari mutuel, il relève d’un texte de 2003. Tout ce qui dépasse cette phrase appartient au registre de l’interprétation, et nous séparons soigneusement les deux registres dans notre lecture de la loi.

La même retenue vaut pour l’argent que rapporte le jeu. On nous demande souvent si un gain obtenu chez l’opérateur public serait traité autrement qu’un gain venu d’ailleurs ; la réponse honnête est que nous n’avons établi ni l’un ni l’autre traitement, et la page qui aborde les impôts commence d’ailleurs par le reconnaître.

Pourquoi l’opérateur public n’entre pas dans le tableau

Notre tableau comparatif accueille les sociétés commerciales que l’on cherche depuis le Mali. PMU-Mali n’y figure pas, et ce n’est ni une omission ni un jugement : une exclusivité fixée par un texte ne se met pas en concurrence avec une offre commerciale sans produire une comparaison trompeuse. Noter côte à côte deux objets qui ne jouent pas au même jeu revient à inventer un classement.

L’opérateur public dispose donc de sa page à lui, où il est décrit pour ce qu’il est plutôt que noté sur une échelle qui ne lui convient pas. Vous y trouverez ce que nous avons pu établir, et le reste y est signalé comme non établi, sans remplissage.

Lire l’offre publique avec les bons repères

Ce que le monopole vous apporte concrètement est facile à énumérer : un interlocuteur présent dans le pays, une activité dont l’existence légale ne se discute pas, une continuité qui ne dépend pas d’une décision prise à l’autre bout du monde. Ce qu’il ne vous apporte pas est tout aussi net : rien n’indique qu’un opérateur installé par la loi propose de meilleures conditions de jeu qu’une enseigne privée, et nous n’avons mesuré aucune de ces conditions.

Les repères matériels restent les mêmes de part et d’autre. Le pays compte en XOF, l’accès est réservé aux majeurs de dix-huit ans, et l’argent circule par Orange Money et Moov Money, deux services de téléphonie dont les frais éventuels ne dépendent pas de l’enseigne de jeu. Pour l’autre versant du paysage, celui que nul texte lu ne décrit, notre page sur les casinos en ligne pose le cadre.

Un détail de vocabulaire mérite enfin d’être signalé, parce qu’il produit des erreurs de calcul bien réelles. Le sigle FCFA désigne deux monnaies distinctes, celle de l’Afrique de l’Ouest, employée au Mali, et celle de l’Afrique centrale, employée notamment au Cameroun. Un montant lu sur un guide écrit depuis Douala ne se reporte pas tel quel sur un budget tenu à Bamako, même lorsque les chiffres semblent parler la même langue.

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